27 décembre 2006
J'en aurais rêvé, Sylvain l'a fait !
Oui, c'est en Guinée Conakry, mais ça ressemble bien à la piste en saison sèche dans le Moyen Ouest malgache... Allez donc voir à http://escapades.over-blog.com/article-4778536.html !
29 novembre 2006
La poussière ou la boue / Vovoka na fotaka be*
Selon la saison, dans le climat du Moyen Ouest, le déplacement sur piste en bâchée (ou n'importe quel autre moyen de transport, même à pied !) c'est la poussière ou la boue !
Pendant la saison sèche et froide, l'hiver austral (soit mai à septembre, approximativement) la piste est la plus praticable. Mais, comme c'est sec, le passage de la voiture soulève des nuages de poussière qui reviennent régulièrement dans l'habitacle. Si l'on prend la piste en même temps qu'un autre véhicule, il va même peut être y avoir une petite course pour savoir qui passe en premier et aura le moins de poussière... Le second n'aura qu'à rouler à distance pour bien voir la route... et ne pas asphyxier les passagers !
Parfois, en étant conducteur, dans la cabine de la bâchée, on ne se rend pas compte de toute cette poussière... C'est le soir, lors de la toilette qu'on se rend compte à la couleur de l'eau de la douche, ou du gant, qu'on a une petite couche de terre de Madagascar presqu'incrustée sur la peau ! Ou alors, lorsqu'on se mouche, on peut prendre peur de la couleur de ce qui sort de notre appendice nasal... beurk !
Pendant la saison chaude et humide, les déplacements sur pistes sont alors beaucoup plus délicats à cause de la boue, qui rend certains villages complètement inaccessibles pendant plusieurs jours, semaines voire mois... du moins par véhicule motorisé. Parfois, seulement certains types de camions passent au prix de grands efforts... mais le jeu peut en valoir la chandelle, pour un collecteur de riz arrivant le premier sur place et étant donc en position de force pour acheter à bas prix aux paysans ayant besoins d'argent liquide...
Sacrée sensation que de conduire sur de la boue... J'étais au départ complètement terrifiée ! Et j'avoue y avoir pris peu à peu un certain plaisir. Cela nécessita la connaissance précise des limites de son véhicule, l'écartement des roues, etc... et aussi d'analyser la route devant soi. Il ne faut aller ni trop lentement ni trop vite et ce type de conduite nécessite une grande concentration. Et l'on a une certaine satisfaction une fois un obstacle difficile vaincu !
* Vovoka [vouvka] = poussière
Fotaka [foutaka] = boue
29 août 2006
A l'arrière des bâchées... suite
Une histoire encore plus personnelle !
Il faut se méfier lorsqu'on est une fille et qu'on est invité à venir s'asseoir, seule avec un gars, si gentil soit-il, à l'arrière d'une bâchée à l'arrêt.
En fait, il faut déjà se méfier déjà lorsqu'on est invité à sortir en dehors d'un lieu où il y a de la musique et du monde... Non pas se méfier de la personne avec qui l'on sort, mais de l'interprétation du fait que l'on accepte de s'isoler avec ladite personne...
Ces règles de bases, je les avais oubliées (ou jamais apprises ?), et puis je suis toujours naïve !
C'était la fête d'au-revoir de K., la personne que je remplaçais, un peu ma fête d'arrivée aussi. Ça faisait un peu plus d'un mois que j'avais atterri à Tsiroanomandidy, Madagascar. Je n'avais pas vraiment eu le temps d'échanger avec des malgaches, de faire quelques connaissances, et j'étais heureuse lors de cette soirée d'essayer de discuter avec un paysan. Certes, nos échanges étaient limités, lui parlant à peine français, et moi encore moins malgache ! Néanmoins, je persevérais, lui faisais répéter ce qu'il me disait. Et là, j'ai fait 3 erreurs, dues à ma naïveté et mon envie d'enfin communiquer avec un(e) malgache :
- 1ère erreur : mettre uniquement sur le dos des difficultés de la langue française la prononciation approximative du paysan, sans avoir un instant la présence d'esprit de me dire "mais ce gars là est complètement bourré !". A ma décharge, je n'avais pas encore saisi que les paysans malgaches ne savent que boire avec déraison. Tant qu'il y en a, on enquille. La dégustation, ça n'existe pas !
- 2ème erreur : proposer moi-même de sortir de la salle sonorisée pour tenter de percevoir mieux le charabia de ce paysan si désireux de communiquer avec moi (et moi avec lui).
- 3ème erreur (mais là je ne pouvais pas savoir, pas encore) : accepter de monter à l'arrière de la bâchée.
Il ne s'est (heureusement) pas jeté sur moi, mais a continué à essayer de me faire comprendre "zétém". J'ai dû comprendre au bout d'un nombre incroyable de fois que cela voulait dire "je t'aime", enfin, peut être surtout quand il m'a pris la main ?
Erreur supplémentaire, plutôt que de quitter l'arrière de la bâchée sans chercher à en savoir plus (dire "je t'aime" pour un gars malgache équivaut à tester les sentiments de la jeune fille - ou plutôt son niveau d'acceptation de la proposition cachée "je veux coucher avec toi") - donc, plutôt que de quitter la bâchée, j'ai été touchée par la naïveté de cette phrase que je prenais pour une déclaration d'amour... et j'étais bien embêtée pour trouver le moyen d'éconduire ce malheureux amoureux pour lequel je n'éprouvais aucun sentiment, sinon une sympathie teintée de condescendance.
Je cherchais plutôt le moyen de lui expliquer que je ne l'aimais pas, mais que je voulais bien qu'on soit amis. Déjà, allez exprimer ça quand on n'a quasiment pas de base de langue en commun. Et en plus, quand on est dans un endroit où l'amitié n'existe pas sous la même notion que la nôtre, à fortiori l'amitié homme-femme !! Je ne savais pas comment faire pour ne pas le vexer.
Le fait est que sous couvert de ne pas le vexer, mon positionnement vu du côté malgache laissait entrevoir une sacrée ouverture ! J'avais accepté de sortir de la salle, de monter à l'arrière de la bâchée, je ne m'enfuyais pas maintenant que j'avais compris son "zétém"... Il devait juste se dire que je ne voulais pas me montrer comme une fille facile et qu'il fallait encore me convaincre, qu'il était sur le bon chemin !!
Quand il a commencé à me peloter, ma naïveté ne s'est quand même pas posé beaucoup de questions, et je suis sortie de la bâchée... sans pour autant lui faire la gueule, à ce pauvre paysan qui se montrait si sensible à mes charmes !
30 juin 2006
A l'arrière des bâchées...
... il s'en passe des choses !
(pour mieux comprendre le texte qui suit, mieux vaut commencer par lire le message précédent)
Une des bâchées de l'association dormait souvent dans la rue, devant la maison que j'ai habité quelques semaines. Située à côté du bureau de l'époque et tout près de la rue principale, cette maison était aussi presque en face d'une sorte d'immeuble délabré, en briques, servant apparemment d'hôtel pas cher, fréquenté par les paysans venus "à la ville". Tsiroanomandidy, petite Sous Préfecture, draine le monde rural alentour, surtout lors du jour du marché aux zébus, l'un des plus grands de Madagascar, avec Ambalavao. Cela peut être la sortie de l'année pour un petit paysan que de venir à Tsiroanomandidy, ou pour vendre un zébu (mais en général il y a des intermédiaires), ou pour faire ses achats importants : matériel pour travailler la terre, quelques vêtements neufs pour la famille, des choses parfois difficiles à trouver au fin fond de la campagne malagasy. C'est aussi l'occasion d'aller voir une vidéo (aller voir plus d'explications à ce sujet le message du 30 juin 2005).
Mais cette sorte d'hôtel pas cher semble être aussi habité par des femmes, souvent avec leurs enfants, régulièrement. Voire, ce sont toujours les mêmes femmes qui sont là, et semblent sans mari. Cet hôtel serait en fait comme un hôtel de passe, à la portée des malagasy de la brousse.
Et comme il fait parfois chaud, que les chambres ne sont pas des plus confortables, que les paysans n'ont peut être pas toujours les moyens de payer une chambre... on m'a un jour fait comprendre que les bancs du pick up de la bâchée ont régulièrement servi aux ébats nocturnes des prostituées et de leurs clients !
Ma foi, les quelques semaines où j'ai habité cette maison, j'avoue ne m'être rendu compte de rien... Je saluais toujours les femmes présentes dans la rue, échangeant parfois avec elles quelques mots, les trouvant toujours souriantes. Je n'ai jamais rien trouvé de bizarre à l'arrière de la bâchée (il faut dire aussi que je fréquentais plutôt assidûment la place du conducteur, la meilleure !), ses occupants nocturnes semblent avoir eu la délicatesse de ne pas laisser de traces...
C'est un des animateurs malagasy avec qui je travaillais qui, bien plus tard, m'a révélé à demi-mot ce secret connu de tout le monde dans la rue... sauf des vazahas !
J'aurai pu m'en horrifier, me mettre en guerre contre ce lieu de prostitution, plaindre ces femmes vendant leur corps... mais la vie sur place est tellement difficile, tellement dure, et ces histoires de sexe si souvent tournées en dérision à Madagascar... que ça m'a fait bien rire, et me remet un petit sourire au lèvres quand j'y repense à présent... et je me demande comment ils pouvaient s'y prendre pour arriver à quelque chose de confortable sur ces banquettes certes moletonnées... mais larges de 30 cm !
30 mai 2006
Mes bâchées...
La bâchée... LA bâchée... Voiture mythique des pays du sud, des Volontaires du Progrès (qui rendent les Peace Corps jaloux, les pauvres, avec leur petit vélo), transportant autant la population que les marchandises (et souvent les deux à la fois !)...
C'est de taxi brousse de la vraie brousse, des mauvaises pistes où les minibus ne s'aventurent plus. Le stade suivant, c'est carrément le camion brousse.
Robuste, à la mécanique abordable, bricolable à merveille... Pas trop lourde, facile à pousser dans la boue... On peut en avoir des aventures !
L'une des deux que j'ai eu la chance et l'honneur d'utiliser était une des dernières bâchées importée neuve d'Argentine à Madagascar. La production se serait arrêtée ensuite. Le Pick up avait été aménagé de deux bancs (en molleton rembourré, grand luxe), et d'un arceau supportant la bâche couleur crème.
Il s'en est passé des choses inavouables, sur ces bancs... la suite au prochain épisode !
15 novembre 2005
Ca brûle encore ?
Et là, il s'agit simplement d'un poétique tas de fumier tout chaud, dont l'humidité s'évapore !
(Toujours près d'Ambalanirana - Préfecture de Tsididy)
14 novembre 2005
Pas que dans les banlieues...
Clin d'oeil à l'actualité !...
Sauf que ce ne sont pas des révoltés qui ont fait cette "oeuvre" !
On avait trouvé cette voiture calcinée en quittant le village d'Ambalanirana un matin de l'automne austral 2003. On était pourtant passé par là la veille. La bâchée avait donc brûlé durant la nuit.
A notre soulagement, il n'y avait aucun cadavre à part le cercle du volant et le pare brise fondu !
Court-circuit ?
06 juin 2005
Encore 2 panneaux... pour la route !
Autres panneaux routiers de Madagascar, "exotiques" à mes yeux...
05 juin 2005
Au bord de la route
Le voyageur à Madagascar se régale de tout ce qu'on peut voir au bord de la route. Scènes de vie quotidienne, piétons, cyclistes, charettes, attelages, pousse-pousses, étalages divers et variés, commerces, paysages grandioses ou plus banals, forêts ou presque déserts, villes, campagne... Tout est source de découvertes voire de joie pour les curieux.
Bien sûr, il faut être dans de bonnes conditions pour profiter du spectacle lors du voyage en taxi brousse :
- être de préférence de jour, à une bonne place près d'une vitre, pouvoir se concentrer (c'est à dire ne pas être malâaaade),
- avoir un "bon" chauffeur, qui ne roule pas lui même comme un malade, qui paraisse lui même concentré (mais sur la route), pas fatigué, qui nous permette de se sentir en confiance, afin d'observer les alentours et capter les détails de chaque endroit, plutôt que de se dire "mais il va se pousser, lui !!!", ou encore "freine, freine, freine !"...
Les panneaux routiers sont aussi sympathiques et adaptés. Mon préféré : attention, passage de zébus (cf. photo ci dessous, remarquez les bouses desdits zébus effectivement sur la route !).
Un anglophone s'est lui amusé à photographier d'autres panneaux routiers, vous trouverez son site ici. Il y a aussi de belles photos de camélons, etc...
25 avril 2005
Le taxi-brousse, toute une aventure... suite 1
Suite des bases de l'apprentissage du taxi brousse...
Après le fameux minibus, vient le format supérieur : le Renault Saviem.
Oh, il y a encore plus grand, un bus qu'on appelle le "Boeing", dont je n'ai pas encore de photo, malheureusement...
Il y a aussi plus petit (mais pourtant, on y fait parfois rentrer plus de monde que dans le minibus) : la bâchée et la familiale, en général des Peugeot 504.



