08 février 2006
Pas si loin de l'île de Pâques ?
(pas dans l'espace ou dans le temps, mais pas si loin de l'histoire racontée dans le post précédent)
Nanah est un agriculteur malgache qui élève des poules pondeuses de façon "moderne", c'est à dire qu'elles ont un logement adapté, et qu'elles sont nourries, contrairement à la plupart de leurs copines qui courent partout (et adorent se jeter sous les roues des voitures et taxi-brousse), et doivent se débrouiller pour trouver à manger. Pour leur alimentation, Nanah cultive une bonne surface de maïs.
D'habitude, Nanah fait appel à des voisins pour égrener le maïs, qu'il paye pour cela. Mais cette année, ces personnes lui proposent de le faire gratuitement, à condition qu'ils puissent garder les trognons du maïs. Ils s'en serviront pour faire le feu domestique, pour cuisiner. Cela leur revient moins cher que d'acheter du charbon ou du bois. Et aux alentours, il n'y a plus de bois à aller couper.
Dans certaines régions de Madagascar, comme Ambalanirana près de Tsiroanomandidy, au climat pourtant propice à la forêt, la pression de l'homme a été, et reste telle, que de forêt, il n'y en a plus. Et plus grave, les habitants ont du mal à trouver de quoi faire bouillir la marmite.
Des plantations d'arbres sont réalisées (principalement eucalyptus), mais les plants n'ont pas le temps de devenir des arbres, ils sont rapidement coupés, pour faire face aux besoins. On pare au plus urgent, sans pouvoir penser à demain. On coupe les jeunes arbres pour avoir du bois de chauffe. On continue à faire du brûlis en saison sèche, pour avoir de l'herbe verte pour les zébus, ce qui appauvrit à chaque fois davantage le sol, qui part avec l'érosion.
L'image des villageois prévoyant de cuisiner grâce aux trognons de maïs m'a vraiment frappé. D'autant plus que Nanah racontait cette histoire triste en rigolant, en je voyais bien qu'il rigolait jaune. Il y a des endroits de Madagascar qui ne sont peut être pas si loin de l'île de Pâques...
12 mai 2005
Lémuriens pas du tout
Ah, les lémuriens, ces symboles de Madagascar...
En fait, j'ai eu assez peu l'occasion d'en croiser... A Tsiroanomandidy, où j'habitais, vu qu'il n'y avait pas d'arbres, il n'y avait pas de lémuriens non plus, à part un malheureux animal attaché sur un balcon. Par contre, en visitant d'autres régions, là, j'ai pu en voir, des plus ou moins sauvages.
Lui, c'est Kiki, un mâle de je-ne-sais-plus-quelle-espèce. Il est apprivoisé, et vit sur la côte Est de Madagascar, dans un hôtel à touristes.
Il était particulièrement gentil à ce moment là, car en période de reproduction... A la limite, il était même un peu collant !
Il adorait les litchis (on était en pleine saison, fin décembre), et les gobait, les croquait, le museau vers le haut afin d'aspirer le jus et la chair, puis recrachait la peau et le noyau !
Là, c’est un lémurien Maki catta (Maki = genre, catta = espèce, qui s'appelle aussi Lemur catta ), un des plus célèbres de Madagascar, sinon LE plus célèbre, qui vit en groupe, plutôt dans le sud et dans des zones sèches.
Comment reconnaître le catta : c'est le seul qui a la queue annelée (alternance d'anneaux noirs et blancs, j'anticipe les questions pertinentes de Raoul) sur la trentaine de lémuriens sur la grande Ile.
Photos : Yoyo
P.S. : merci à Raoul et Lâm pour leur suivi attentif, et à M. Boulet, à qui je voulais montrer ces photos depuis un bout de temps en espérant secrètement qu'elles pourraient l'inspirer un jour dans ses superbes BD... J'aime justement particulièrement quand il se dessine en Catta !
29 avril 2005
Iule ?
La plupart des plantes (flore) et des animaux (faune en général) que l'on voit à Madagascar est endémique, c'est à dire qu'on ne les trouve qu'à Madagascar (et parfois que dans certaines zones de Madagascar). Lors d'une visite d'une zone naturelle (parc, réserve), une partie des commentaires du guide est souvent "ça, c'est endémique" (je vous rassure, il raconte en général d'autres choses, souvent très intéressantes). En fin de compte, je me demande s'il n'est pas plus original de voir des choses non endémiques à Madagascar ? (je plaisante, bien sûr)
On trouve quand même des bestioles qui ressemblent à quelque chose de connu à nos yeux de vazaha, avec un petit truc en plus : la taille, ou la couleur. Un exemple : les iules. Vous trouverez une belle photo d'Iule du sud de la France là, sur le photo blog de Laëlew. Voici le genre d'iule qu'on peut rencontrer à Madagascar :
A priori, c'est pas méchant, ces bêtes là. C'est juste un peu impres-sionnant, toutes ces pattes !
Ça bouge vite, parfois ça pue, et dans la main, ou ça chatouille, ou ça se roule en boule...
03 avril 2005
Criquet des chiens / Valalan' alika
Le voilà, le criquet qui pue et dont les chiens même ne veulent pas ! (cf. vers la fin du message du 2 avril).