26 juin 2009
Cuisson solaire - BOARA
Loin d'avoir fini d'écrire tout ce que j'aimerais à propos des expériences de vies collectées à Madagascar... ce blog est pourtant silencieux depuis bien longtemps !
J'essaye actuellement de continuer à entretenir des liens avec la grande île en participant à l'association BOARA, qui veut promouvoir l'utilisation de l'énergie solaire notamment pour la cuisson des aliments.
La Présidente n'est autre que Cécile, "l'invitée du grand Sud" !
Vous pouvez aller faire un tour sur http://boara.free.fr
A une prochaine ??
24 janvier 2006
LA POSSIBILITE D UNE ILE DE PAQUES
Pour une fois, intéressons nous à une autre île : l'Ile de Paques. Ce texte m'a touchée et j'ai envie de vous le faire partager, même s'il n'a rien à voir avec les vazahas ou les gasy... Quoique... Madagascar n'est-elle pas une future île de Paques ?
QUAND le navigateur hollandais Jacob Roggeveen découvrit en 1722 l'île de Pâques, celle-ci ne possédait plus qu'une végétation rase. Pas un arbre à l'horizon. Seuls 400 habitants y vivaient, misérablement, se nourrissant de légumes et de poulets. Sans arbres, donc sans bois ni embarcations, ils ne pouvaient aller pêcher dans l'océan alentour, pourtant riche en poissons de toute sorte. Divisés en onze clans fortement hiérarchisés, chacun doté d'un chef, ils se disputaient un territoire d'environ vingt kilomètres sur quinze.
Et ne répugnaient pas au cannibalisme. Sur l'île, des centaines de statues de pierre fixaient le ciel de leurs yeux vides.
Pourtant, trois siècles auparavant, l'île de Pâques comptait trente fois plus d'habitants: on estime que leur nombre atteignit les 15 000 individus. Couverte d'une haute forêt tropicale, elle abritait une riche faune d'oiseaux terrestres et marins. Le palmier indigène offrait aux insulaires sa sève et ses noix en guise de nourriture, son tronc pour fabriquer de solides embarcations, les fibres de son écorce pour tresser des cordages. Ils en usèrent abondamment.
Surtout que...
Surtout qu'ils étaient divisés en plusieurs groupes rivaux. Sous la conduite de leurs chefs et de leurs prêtres, ces groupes érigèrent partout des statues géantes, symboles de supériorité. Pour acheminer ces statues depuis les carrières jusqu'aux emplacements adéquats, il fallait beaucoup de troncs et de cordages. La compétition battit son plein jusqu'au jour où l'île se retrouva sans palmiers. Les sols devinrent vulnérables à l'érosion, les récoltes diminuèrent. Les oiseaux terrestres furent les premiers à subir une extinction totale.
Puis ce fut le tour de la population humaine... Nous sommes, dit André Lebeau, auteur de «L'engrenage de la technique» (1), exactement comme ces habitants de l'île de Pâques. Nous ne pouvons quitter la Terre. Perdus qu'ils étaient au milieu de l'océan Pacifique, à 1 300 miles de l'île la plus proche, Pitcairn, eux non plus ne pouvaient trouver refuge ailleurs. Nous ne sommes pas beaucoup plus malins qu'eux: notre cerveau et notre patrimoine génétique sont identiques aux leurs. Nous aussi sommes en train de saccager allègrement notre niche écologique : en scientifique conséquent, le géophysicien et ancien haut responsable du Cnes Lebeau rappelle le diagnostic bien connu sur l'épuisement des ressources et la saturation de l'espace vital, et en tire froidement cette conclusion logique: il est probable que le destin de l'espèce humaine se jouera au cours de ce siècle. Or sa tendance fondamentale est de "se constituer en groupes dotés d'une hiérarchie et qui s'opposent les uns aux autres pour les ressources et pour l'espace". On se souvient du mot de Bush: "Le mode de vie des Américains n'est pas négociable."
Cette pulsion ancienne, "ancrée dans les bases génétiques du comportement collectif", et menant évidemment au désastre, pourra-t-elle être contrebalancée parce que Lebeau appelle la "superstructure culturelle", cet acquis transmis d'une génération à la suivante par l'éducation, et qui peut influer sur les comportements collectifs ?
On pleure l'Europe; l'absence de rêve commun; le "capitalisme sans projet". En voilà un, de projet: éviter l'île de Pâques.
Bonne année!
Texte de Jean-Luc Porquet
(Canard Enchaine du 04/01/06).
03 janvier 2006
Bonne année / Tratry ny taona !
A toutes et tous,
que vous soyez gasy, vazaha, habitants de notre planète ou non !
16 septembre 2005
toujours pas d'internet...
... peut être le 22 septembre... si FranceTélécom tient davantage ses engagements que Telma !
08 septembre 2005
Téléréalité gasy ? II
Rappel : j'essaye d'imaginer certaines émissions de téléréalité transférées à Madagascar...
Koh Lanta : à part quelques vrais tananariviens jamais sortis de leur ville, une majorité des malgaches n'aurait aucun problème à relever le défi. En fait... Une partie de la popultation vit déjà dans un dénumement tel que pour eux, c'est Koh lanta un peu tous les jours... Avec cyclones, et sans jamais se faire sortir de l'émission pour retrouver un foyer équipé, électrifié, etc...
L'île de la tentation : c'est déjà le troisième nom de Madagasikara, après "l'île rouge" et "la grande île", non ? En tout cas, ça l'est pour une partie des touristes mâles en quête de relations intimes faciles et payantes...
"Sans aucun doute" : une émission qui aide les gens victime d'une injustice à se faire entendre et à réparer les erreurs... Je vois bien un paysan malgache arriver et dire : "c'est pas juste, je cultive une terre riche sous un climat favorable, et je suis quand même pauvre". Et là, un Julien Courbet malgachisé, qui irait secouer ciel et terre avec son équipe de juristes, d'avocats, de spécialistes, pour comprendre le problème et le résoudre... De l'interview d'un historien sur les conditions de la colonisation, à celle d'un représentant du FMI ou de la banque mondiale, en passant par un homme politique soucieux de s'enrichir d'abord lui et son clan, et par un collecteur de riz intraitable sur le prix d'achat... Sans oublier les explications d'un sociologue sur les freins au changement dans le milieu rural... Pfou, il y en aurait, du boulot, pour réparer cette injustice là !
Enfin, l'émission des 2 spécialistes du ménage. Ca me ferait bien rigoler de les voir arriver dans une petite maison typique de brousse, que ce soit sur la côte ou sur les plateaux.
J'imagine bien leurs exclamations mi figue mi raisin:
"Quoi, vous vivez avec des poules dans votre maison, sur la terre battue ?!"
"Vous cuisinez au charbon, mais c'est très dangereux, ça, vous savez ! Et où est donc le conduit d'aération ?"
"OK, nous avons visité la cuisine, qui sert aussi de salon. Et si nous passions aux chambres. Comment ça, vous dormez tous par terre ici ? Mais où sont les lits ?"
"Ah, la chasse d'eau ne marche pas, dans vos toilettes ! Et où donc est passé la cuvette ?" (1)
Je pense par contre qu'elles trouveraient la salle de bains (la rivière) bien aérée, sans risques électriques... mais manquant de produits de beauté...
Enfin, je ne sais pas quel effet cela ferait d’entendre la voix off, à la fin de la séquence « nettoyage de fond en comble », annoncer le nombre de litres de détergent utilisés… Et forcément de faire un petit calcul mental sur le coût des détergents et sa mise en relation avec le budget familial d'un malgache moyen… !
(1) dans la campagne, s'il y a des toilettes, ce sont des toilettes sèches à puits sans fonds. Je m'en excuse d'avance, mais un de ces jours je ne pourrais m'empêcher de raconter les aventures de Lilikely au pays des toilettes malgaches !
05 septembre 2005
Téléréalité gasy ? I
Un autre élément du retour en France après presque 2 ans passés à Madagascar, ce sont les retrouvailles avec la télé. En plus, je n'avais déjà pas la télé en France auparavent, et ce n'est que depuis peu que j'ai une télé + une antenne qui marchent simultanément !
Un premier résultat est une sorte d'état d'hypnose qui surgit dès la télé allumée. Je me mets à regarder tout et n'importe quoi, sans vraiment d'esprit critique. S'il n'y avait qu'une chaîne, ce serait assez facile d'éteindre le poste lorsque le programme est initéressant. Mais avec 5 chaînes, on peut ZAPPER. Et même si les 5 programme sont médiocres ou sans intérêt pour moi, il y a toujours l'espoir que cela évolue, et donc je passe de chaîne en chaîne... Et je ne vous raconte pas quand je suis dans un foyer qui a le câble et ses 300 chaînes ! Il ne faut pas me laisser la télécommande, sous peine de regarder au moins 3 émissions à la fois.
Le pire, c'est que je me trouve de bonnes excuses pour ma conscience qui se rebelle parfois : "mais c'est pour me rendre compte de ce qui passe à la télé, pour être 'dans le coup', pour être en phase avec mon époque". Il est vrai qu'on entend parler de certaines émissions télé et qu'à la longue, ça donne envie de voir à quoi cela ressemble.
J'ai donc commencé par regarder à quoi ressemblait Koh-Lanta. Je ne me suis pas ennuyée et je n'ai presque pas zappé.
Je n'ai par contre pas tenu contre l'île de la tentation, là j'ai éteind la télé.
Je me suis forcée à regarder "sans aucun doute", j'avais du mal à supporter le ton global de l'émission et du présentateur, je trouvais ça tellement obscène...
Et puis j'ai fini par cette émission sur M6, où 2 femmes spécialistes du ménage interviennent chez des gens qui ont oublié semble-t-il à quel endroit est rangé leur matériel d'entretien depuis bien longtemps... Le challenge au final, c'est "est-ce que la voix off va réussir à renouveler ses expressions concernant la crasse et le capharneüm ?"
Je me suis ensuite demandé ce que cela donnerait, ces emissions, à la sauce malagasy.
Suite au prochain message, mais si vous voulez déjà l'imaginer dans vos commentaires, je pense qu'on pourrait déjà commencer à rigoler !