Suite du récit de Cécile dans le grand Sud malgache

Bref, la vie à A. est fort contrastée.

Nous, c'est-à-dire Julie, française qui fait en parallèle de mon étude anthropologique une étude de clientèle, appelée « Zoly » par tous ici ce qui lui va fort bien ; Samuel, mon interprète ancien sous-préfet d'I.. et cryptographe de la nation ; Jean-Michel, interprète de Zoly, ancien professeur et chef de circonscription scolaire qui par ailleurs a arrêté l'école en 3ème puis acheté une licence à l'université, et d'autre part donne des sujets de dissertation tel que « l'expansion de la colonisation au
moyen âge » mais ne les corrige pas toujours car il utilise les copies pour se torcher ; bref, nous 4 logeons chez le fils saphiriste de R., notable qui a 3 femmes, 21 enfants et on ne compte plus les petits enfants (ce qui donne l'impression constante d'être dans une cours d'école),

Des_enfants

et c'est vraiment confortable : 3 pièces, sol bétonné, toit en tôle, une chambre avec lit et matelas, un salon avec canapé et coussins, et des décors formidables avec des posters de bouffe européenne, de gras bébés asiatiques, des guirlandes... le grand luxe au village, même si les poules volent les mangues et les zébus entrent dans la case.

A part ça, les zébus qui marchent dans le sable ont les ongles longs et boîtent ce qui les amaigrit ; à 3km de la mer il n'y a pas de poisson frais ; avec un vent à décorner les zébus on ne voit pourtant pas la queue d'un kite surf.
Les élections présidentielles vues du village ne sont pas vraiment impressionnantes, la « propaganda » (c'est comme ça qu'on appelle la campagne électorale ...) n'a qu'effleuré les villageois, qui ont entendu parlé de 2 candidats sur 14, mais de toutes façons, ils attendent juste la pluie...

(...) à suivre