Selon la saison, dans le climat du Moyen Ouest, le déplacement sur piste en bâchée (ou n'importe quel autre moyen de transport, même à pied !) c'est la poussière ou la boue !

Pendant la saison sèche et froide, l'hiver austral (soit mai à septembre, approximativement) la piste est la plus praticable. Mais, comme c'est sec, le passage de la voiture soulève des nuages de poussière qui reviennent régulièrement dans l'habitacle. Si l'on prend la piste en même temps qu'un autre véhicule, il va même peut être y avoir une petite course pour savoir qui passe en premier et aura le moins de poussière... Le second n'aura qu'à rouler à distance pour bien voir la route... et ne pas asphyxier les passagers !
Parfois, en étant conducteur, dans la cabine de la bâchée, on ne se rend pas compte de toute cette poussière... C'est le soir, lors de la toilette qu'on se rend compte à la couleur de l'eau de la douche, ou du gant, qu'on a une petite couche de terre de Madagascar presqu'incrustée sur la peau ! Ou alors, lorsqu'on se mouche, on peut prendre peur de la couleur de ce qui sort de notre appendice nasal... beurk !

Pendant la saison chaude et humide, les déplacements sur pistes sont alors beaucoup plus délicats à cause de la boue, qui rend certains villages complètement inaccessibles pendant plusieurs jours, semaines voire mois... du moins par véhicule motorisé. Parfois, seulement certains types de camions passent au prix de grands efforts... mais le jeu peut en valoir la chandelle, pour un collecteur de riz arrivant le premier sur place et étant donc en position de force pour acheter à bas prix aux paysans ayant besoins d'argent liquide...
Sacrée sensation que de conduire sur de la boue... J'étais au départ complètement terrifiée ! Et j'avoue y avoir pris peu à peu un certain plaisir. Cela nécessita la connaissance précise des limites de son véhicule, l'écartement des roues, etc... et aussi d'analyser la route devant soi. Il ne faut aller ni trop lentement ni trop vite et ce type de conduite nécessite une grande concentration. Et l'on a une certaine satisfaction une fois un obstacle difficile vaincu !

* Vovoka [vouvka] = poussière
   Fotaka [foutaka] = boue